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Nicolas de Cuse (1401-1464)

L'auteur :

Prélat, savant, mathématicien, scientifique et philosophe allemand,
auteur de La docte ignorance.

L'anlyse :

Pour Nicolas de Cuse, Dieu garde les accents de la cosmologie antique. Il est tout en tout.

Cet apôtre de "l'analogia entis", défend la thèse d'une incarnation de Dieu qui est coïncidence entre la divinité et la créature.

Pour lui, la grâce est l'auto-révélation de l'absolu sans laquelle aucun être fini ne peut être pensé. Il perçoit la Trinité comme un super-unité supervivante, qui est non altérité et toute puissance de l'Absolu.

Pour Nicolas de Cuse l'idée d'un Dieu cosmique (héritage de Platon et de Plotin) s'inscrit dans une esthétique. L'abîme du Dieu invisible est une liberté absolu qui indique la non identité et donc la souveraineté de son apparition.

L'auto-glorification de Dieu repose principalement sur la liberté, son amour gratuit, dans un rapport qui reste nuptial. La Trinité, n'est autre que ce qui se révèle par la médiation de l'Esprit d'amour qui nous révèle la gloire entre le Père et le Fils et le mariage entre Dieu et le monde in Christo et dans le mystère de l'Esprit et de l'Eglise.

Pour Nicolas de Cuse, rien n'est en dehors de Dieu (Non Aliud).

Ce Dieu tout en tout conduit à voir que toutes les choses brillent comme les images de l'exemplaire. Dieu brille dans les créatures comme unité dans l'image.

La Trinité est la source du beau. Elle engendre l'intuition du beau d'où procède l'amour.

La gloire intradivine reste inaccessible à la créature tant que Dieu ne révèle librement son mystère à travers la grâce, à travers le Christ et l'Esprit Saint, qui sont seuls médiateurs.

L'esprit éternel est comme un musicien qui veut rendre visible sa pensée : il prend une multiplicité de sons et les dispose en une proposition adaptée à l'harmonie pour que dans cette proposition la musique naisse douce et parfaite.

Ainsi le vrai Dieu ne peut se rencontrer que dans la stupéfaction, le ravissement. La révélation ne peut être confié aux livres.

Pour le théologien, l'état de créature coïncide avec l'Eros tourné vers Dieu. Il défend la thèse d'un desiderium radical de la créature.

Dieu est tout et pourtant le monde existe. De fait, selon la thèse cusienne, dans la créature, Dieu doit être toute réalité, sans pourtant, par cette immanence s'immerger en elle ni se mélanger avec elle. Il y a donc liberté et proximité totale.

S'il est réellement le possible dans l'unité, il n'a pas besoin de déploiement pour être réel. Ainsi, selon Balthasar, jamais Nicolas de Cuse n'entre dans la pensée d'Hegel. Il distingue le Tout conceptuel du non-autre (non aliud).

Le non-autre n'est pas une suppression de l'autre mais à travers la coïncidence des contraires il est plus que cela. "Je ne regarde pas les contradictions vers l'origine mais l'origine se trouve avant les contradictions (...) celui là seul qui s'élève au dessus de tout contraire contemple la forme simple et infinie"

En cela, pour Balthasar (p. 24), Nicolas de Cuse dépasse Eckhart : Dieu n'est pas l'essence mais "l'essence de l'essence". Cette vision s'éloigne d'un risque panthéiste où Dieu tout peut être renversé par un homme et qui serait tout ce qui entraînerait un Dieu qui serait rien.

Cuse défend plutôt la thèse d'une inconcevabilité de Dieu toujours plus grand, dont l'essence s'efface derrière tous les voiles du phénomène, se mue dans l'inconcevabilité positive de celui qui n'ayant absolument besoin de rien, veut cependant avoir besoin de moi, bien qu'il n'y soit nullement forcé..

Pour lui, le véritable achèvement n'est pas de voir Dieu mais bien être vu par Dieu rejoignant ainsi Ga 4,9 : "maintenant connaissant Dieu ou plutôt étant connus par Dieu, comment retournez vous vers les pauvres et misérables forces spirituelles ?".

Dans le De Possest il défend un lieu d'ouverture de tout le domaine infini de l'être, où Dieu peut être lui-même aussi en dehors de lui-même.

Nicolas de Cuse rejoint sur le plan chrétien, Platon et Plotin, qui élevait le bien au dessus de l'être pour faire de celui-ci une épiphanie. Il rejoint là une vision d'Eckhart selon laquelle Dieu est l'être parce qu'il est esprit et liberté.

Il rejoint également Anselme pour qui ce pouvoir-voir est tellement ordonné au pouvoir-même que l'esprit peut voir à l'avance le terme vers lequel il tend et saisir l'incompréhensibilité. Pour lui Dieu est le seul capable d'apaiser le désir de l'esprit. Si c'est pour l'homme toujours l'Eros, ce désir ne peut accéder à sa fin sans la grâce ce qui est de fait la révélation personnelle de Dieu en Christ, parole révélatrice et médiatrice du Père.

Mais il faut pour cela naître de l'Esprit, soit comme le dit Jésus à Nicodème, accepter de renaître de nouveau, ce qui implique l'humilité de l'accueil de la doctrine chrétienne.

Pour Nicolas de Cuse, la Foi se définit à la fois comme l'amour (dilectio) qui élit et comme une prière. Pour lui, l'admiration philosophique véhicule la connaissance de Dieu (il rejoint Eckhart et Raymond Lulle)

Sa thèse va conduire à l'idéalisme allemand. En quelque sorte, le fait que le plus grand dans l'absolu l'est dans le monde (liberté du Christ) contredit la notion de non-autre.

De même Balthasar notera des contradictions internes chez Nicolas de Cuse dans la surélévation de la théologie négative de l'aéropage en quelque chose de positif.

Cette théorie qui oeuvre vers Hegel et l'universalité de tous les absolus est en contradiction avec la thèse antérieure où Dieu est tout. Dieu est tout ou Dieu est rien.

Mais au delà, note Balthasar, "son objectif est celui-même de notre livre ! Vous faire voir la gloire de ce qui est chrétien sans jamais l'atténuer mais dans le cadre de la glorification totale de Dieu se révélant en ce monde" (p. 37)

Pour Cuse, le Logos est au centre comme sagesse mais de ce fait, la gloire du Christ est vidée de son contenu.

Malgré l'universalité de son approche, "sa synthèse révèle plus encore que chez Augustin que l'insertion traditionnelle de la révélation biblique et de sa gloire dans le cadre platonicien et plotinien avec la conception de la gloire qui lui est propre ne pouvait pas rendre pleinement justice à cette conception biblique. L'époque moderne dévoilera les conséquences de cette carence (ibid p.38)".

Au delà lutte anciens contre modernes le vrai sujet c'est le pour ou contre la gloire de l'être de prendre une décision entre christianisme et nihilisme (p. 48).

"Chez Cuse, l'élan de la spéculation métaphysique n'est freinée que là où la pensée - dans la même épiphanie - se heurte à l'indomptable et majestueuse liberté du Dieu de l'amour".

Nicolas de Cuse s'éteint en 1464.

Oeuvres de Nicolas de Cuse (non exhaustif).
De Posset 1460
De Non Aliud 1462
De Visione Dei 1453

Source principale : Hans Urs von Balthasar,
La Gloire et la Croix, Les aspects esthétiques de la révélation
,
4 Le Domaine de la Métaphysique
*** Les héritages,
tome 86 tr. Givord, Aubier Théologie, Paris 1983

Dans le même ouvrage, une analyse de :
Marsile Ficin
Léon l'Hébreu
Giordano Bruno
Göttfried de Strasbourg
Paul Claudel
Comte Anthony de Shaftesbury
Friedrich Hölderlin
Goethe
Rainer Maria Rilke
Heidegger

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