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Hamman, Styles

Notes d'après Balthasar, La gloire et la Croix, tome Sytles (2-2)

D'après Balthasar, le théologien protestant Hamman (env. 1750) nous conduit vers une esthétique de l'ignorance. Partant de Socrate, il montre dans son ignorance feinte, la figure transparente du Christ. L'ignorance de Socrate est ainsi transfigurée. Pour lui, en effet, le gain de notre sagesse doit mourir et de cette mort doit jaillir la vie (p. 132). Pour Hamann, le monde est un poème et l'homme poète est celui qui reproduit l'action créatrice de Dieu.... C'est le travail de l'homme, tout simplement.

Il trace ainsi une hyperbole (que nous retrouvons aussi chez Beauchamp et qui renvoie à 1 Co 12,31 ("aspirez aux dons les meilleurs..."). Cela ouvre ainsi le chemin vers une esthétique exubérante qui saisit l'homme tout entier et toute son existence.

Pour Hamann, la révélation dans la chair est le point central de tout. Ainsi même la structure et l'organisation animale de notre corps ont une valeur esthétique. Tout nos membres sont pour lui des claves... Ni les bois, ni les cordes, ni les doigts ne sont l'harmonie des âmes, mais l'ensemble produit l'harmonie.

Pour Hamann, la nature s'efface devant la Parole, qui est arbre de vie, et dont les feuilles doivent guérir les peuples. Pour lui, Dieu s'abaisse jusqu'au Néant afin de révéler son Tout. Dieu en se dissimulant sous l'extrême humilité prouve réellement son Amour et sa gloire extrêmes.

L'abaissement de Dieu va jusqu'à l'aveuglement d'Adam. La feinte de Dieu le porte jusque sous les ordures et les balayures. Le dépouillement de Dieu dans Jésus est en effet déjà inscrit dans l'Ancien Testament. Pour Hamann, en effet, l'écriture est la kénose du Saint Esprit, qui s'est transformé en un "souffle vide", un néant invisible qui s'efface jusqu'à la voie douce et silencieuse que nous entendons dans notre coeur, si doucement qu'elle n'est plus que la voie de la faible intelligence de l'homme.

Il y a donc pour lui une correspondance entre kénose de l'Esprit Saint dans l'Ecriture et celle du Christ. Pour lui, Dieu choisit le sot, le vulgaire pour faire honte à tous les scribes du monde.

Ce chemin consiste à faire mourir le savoir et conduit à ce Dieu d'Amour qui ne cesse pas d'être un enfant, même si "son petit bras fasse de grands miracles".

La folie divine, le conduit jusque dans une libre descente de l'Esprit divin dans les enfers de la création et de la matérialité, et c'est cet abaissement, cette humilité, cette pauvreté de Dieu est gloire qui rayonne partout. Si le Christ révèle dans sa chair la Trinité, toute la création du Père et toute l'Ecriture du Saint Esprit révèlent également la gloire humilié du Fils (cf. p. 145).

Pour Hamann, le paradis était poésie totale, dans laquelle tout le sensoriel était parole de Dieu à l'homme et réponse de l'homme à Dieu est un état paradisiaque perdu. Tout ce que touchait et voyait l'homme était une Parole vivante : car Dieu était la Parole. condition primitive perdue où tout était unité de corps et d'âmes, de Dieu et de l'homme.

A l'inverse, pour lui, la connaissance usurpée, c'est le sexe présomptueux.

Le péché favori le plus ancien consiste à s'idolâtrer soi-même (soif de savoir ou de lecture / convoitise sexuelle : qui sont les deux déchéances internes les plus vivaces). Ainsi, vouloir établir soi-même ce qui est juste c'est déboucher dans la pire injustice.

A l'inverse, pour Hamann, l'homme nouveau est fait à l'image du Créateur. Il est en même temps l'union de l'homme et de la femme (soit en même temps l'Epoux si prêt de nous et l'os de nos os, chair de notre chair...).Cette union de l'homme en Dieu est souligné pour Hamann par l'importance décisive que l'éros subsiste dans l'agape. Il ne faut pas séparer ce que la nature a réuni (le sensible et l'intelligence). Le langage mis en relation avec la génération et l'enfantement et compris comme une expression conjointement créatrice et une recréation, cette révélation est déjà le mystère central de l'incarnation : l'union nuptiale.

L'expérience de l'existence repose sur un instinct. Socrate a un organe pour l'existence et l'exprime par l'ignorance et son ignorance est une foi cachée.

Entre transcendance et sensibilité Hamann veut réaliser une synthèse grâce à la philosophie du langage : l'expérience immédiate de la réalité est parole et dialogue (cf. p. 153).

Pour Hamann, tout est pur aux purs. Ce que Dieu a purifié cesse d'être vulgaire...

Balthasar évoque ainsi chez Hamann ce qu'il qualifie d'esthétique hyperbolique qui pour atteindre son but doit dépasser toute les esthétiques anciennes. : "Après que Dieu se fut épuisé et essoufflé à nous parler à travers la nature et par l'Ecriture, créatures, voyants, raisons, figures, poètes, prophètes, au soir des jours, Dieu nous a parlé par son Fils - hier et aujourd'hui - jusqu'à ce que la promesse de son avènement soit elle aussi accomplie (cf. 154, Aesthetica N2 p 213).

Certes, pour Hamann, il y a eu des prophètes même parmi les païens, une nuée de témoins, mais la révélation divine tout en restant voilée, notamment par la sensibilité humaine peut se résumer au mystère de l'incarnation du Christ.

Le mystère caché de l'Eros céleste entre le Christ et l'Eglise est le génie de l'Esprit, dont la beauté finale sera la glorification eschatologique encore voilée à l'homme.

Source :

Hans Urs von Balthasar, La gloire et la croix.
Styles. (tome 2-2) De Jean de la Croix à Péguy Aubier Théologie,
traduit de l'allemand par Réné Givord et Hélène Bourboulon,
ISBN 2 7007 342 1
Copyright Editions Montaigne 1972 Lien php Ps 144,16

 

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