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Etty Hillesum

Chemins : Chemins d'hommes : Etty

I - Etty Hillesum

Bref résumé de sa vie :

Etty, jeune juive hollandaise a trouvé pendant l'occupation allemande, une voie originale. Amoureuse d'un homme qui lui échappe à moitié, elle découvre à travers lui et la poésie de Rilke, dans un grand combat intérieur, un chemin de conversion au christianisme qui lui est propre. Son journal intime et ses lettres tracent le chemin d'un feu intérieur qui la conduira à transcender une époque bien douloureuse. Déportée et tuée dans un camp de la mort en novembre 1943, elle est, avec A. Franck et E. Stein une des grandes figures juives de cette époque douloureuse.

Commentaire du livre de S. Germain * :

A propos du rapport avec autrui et du rapport avec l'ennemi, Etty esquisse déjà une surenchère de don, qui rappelle les appels à la passivité plus que passive d'un autre philosophe juif E. Lévinas dans Autrement qu'être ou au delà de l'essence : (SG p. 80) : La dépense de soi y est totale, mais aucun pouvoir n'est ici brigué, aucun prestige personnel n'est convoité : ce qui est espéré, c'est que l'autre, mis au défi par l'inlassable générosité d'être du donateur finisse par se sentir ébranlé dans ses opinions et certitudes. (...) Quand on veut avoir une influence morale sur les autres, il faut s'attaquer sérieusement à sa morale personnelle (SG p. 91 citant I p.209-210) On retrouve aussi note SG p. 94 les accents d'Edith Stein qui dit que cet homme qui se tient devant nous est le prochain. Il est indifférent que nous lui soyons apparenté ou non, que nous l'aimions ou non.. Etty surenchérit en disant que " beaucoup, ici (à Westerbrock) sentent dépérir leur amour du prochain parce qu'il n'est pas nourri de l'extérieur (I p. 79). L'amour du prochain est comme une prière élémentaire qui vous aide à vivre. La personne même de ce "prochain" ne fait pas grand chose à l'affaire (ibid).

Les notes d'Etty, comme elle le souligne elle même ne forment pas une oeuvre mais forment un patchwork, un empilage de traits. A ce propos, SG note page 129 que " L'écriture de l'amour est une expérience limite du langage, c'est pourquoi elle ne peut produire une oeuvre complète, achevée mais seulement d'admirables esquisses, des poèmes en filigrane de brume et d'étincelles, des promesses à l'infini, à chaque instant ténues et jamais épuisées car sans cesse renouvelées. L'amour de l'écriture se poursuit "noir sur blanc"; l'écriture de l'amour pérégrine blanc sur blanc - blanc sur vide et tout autant noir sur nuit aux heures des grandes épreuves." Etty est en perpétuel combat contre elle même. Elle note d'ailleurs "L'incroyable banalité de ce mal en nous... Débusquer en soi-même ce fond commun, ce mal latent et le combattre de front... Le dénoncer à sa propre conscience. "Que chacun fasse un retour sur lui même et extirpe et anéantisse en lui tout ce qu'il voit devoir anéantir chez les autres" (I p. 205, SG p.134-5) Mais Etty va lutter contre ce mal intérieur et dans un passage déterminant que l'on vous invite à découvrir de vous même, elle va aller jusqu'à s'agenouiller. Comme mue par une force intérieure, elle va s'abaisser, prenant intérieurement le chemin du serviteur, retrouvant (inconsciemment ?) ce chemin du Christ, qui n'a pas retenu le rang qui l'égalait à Dieu mais s'est fait homme et a pris la condition de serviteur (Philippiens 2). Ce mouvement d'Etty est ainsi signe d'un abandon, d'une descente de sa tour d'orgueil et de savoir pour se laisser aller au don...

Elle aura alors des paroles très belles sur son lien à Dieu. Pour le traduire, mieux qu'elle ne l'a fait elle même, SG reprend ce beau texte de : Janusz Konczak " Je t'ai retrouvé Dieu et je m'en réjouis comme un enfant comme un enfant égaré qui aperçois au loin une silhouette familière (...) Péniblement, luttant contre toutes sortes de tentations, affrontant les tempêtes de mes sens déchaînés et les paroles de faux prophète, j'ai fini par te retrouver mon Dieu. Voilà pourquoi j'arrive si tard et qu'heureux comme un enfant de ces retrouvailles, je ne veux t'appeler ni Grand, ni Juste, ni Bon, mais tout simplement : "Mon" Dieu. "Mon" Dieu, car j'ai confiance en Toi." Janusz Konczak Seul à Seul avec Dieu Points -Seuil 1995 Tradº Z Bobowicz p. 53-55 cité par S.G. p. 150

Les pages indiquées (SG) font référence au livre " Etty Hillesum" de Sylvie GERMAIN aux Editions Pygmalion Gerard Watelet ISBN 285704586.7 110 Mai 99
Collection Chemins d'éternité dirigée par Olivier Germain-Thomas.

 

Compléments*.

Une des raisons de sa conversion peut s'expliquer par cet amour impossible avec un homme qui est fiancé à une autre (exilée à Londres). La frustration d'un amour sans retour peut expliquer cette conversion du coeur, ce passage à l'agapé (amour qui ne cherche pas son intérêt, cf. 1 Cor 13)... Déjà en p.38 de son journal elle s'exprime ainsi "Je me sentais libérée : tout mon amour, toute ma compréhension, tout mon intérieur, toute ma joie allait vers lui, mais je n'exigeais rien en retour, je ne demandais rien, je le prenais tel quel..." L'autre originalité d'Etty est son attitude vis à vis de l'ennemi :

"L'Absurdité fait place à ordre et cohérence. Il nous faut offrir notre espace intérieur et ne pas les fuir.

Le lien entre son amour et l'Amour s'exprime d'ailleurs en p.42 "l'Amour de tous les hommes est supérieur à l'amour d'un seul homme". Et cette découverte, avivée par le discernement que procure la rédaction de son journal intime, laisse progressivement une place à Dieu : "Un puits profond en moi et dans ce puits Dieu" (p.55) et la conduit jusqu'à l'agenouillement (91-95) perçue comme une force intérieure à laquelle elle ne peut résister.

S'ouvre alors un immense paysage intérieur, paysage de l'âme :"Au fond, je suis croyante. Il me faut tomber au fond (p.96).

L'amour du prochain, et de l'ennemi se précise alors, malgré sa monstruosité extérieure "retrouver la trace de l'homme dans sa nudité, sa fragilité, de cet homme bien souvent introuvable, enseveli par les ruines monstrueuses de ses actes absurdes" (p. 117).

Dieu paraît absent de cette absurdité, mais la simple beauté d'un "jasmin, si tendre et si gracieux au milieu de la grisaille" lui fait faire le pas "je crois en Dieu" (p. 145).

Elle découvre de plus en plus le sens du silence et du respect : "Laisser celui qu'on aime entièrement libre. Le laisser vivre sa vie, c'est la chose la plus difficile au monde." (p.153) pour ne plus que se taire et être.

Sa prière est alors plus précise :"Je vais t'aider à ne pas t'éteindre en moi. Une chose m'apparaît plus claire, ce n'est pas toi qui peux nous aider, mais nous qui pouvons t'aider, et ce faisant, nous nous aidons nous même." (p. 175). Elle peut alors se recueillir en soi-même...et cette couche profonde, elle l'appelle Dieu. (207). Mais elle précise aussitôt : "Quand je dis, j'écoute au dedans, en réalité c'est plutôt Dieu en moi qui est à l'écoute... Ce qu'il y a de plus profond et de plus essentiel en moi écoute l'essence et la profondeur de l'autre. Dieu écoute Dieu. (p. 208).

Cette force intérieure lui permettra de faire face aux souffrances immenses rencontrées à Westerbrock. Mais la encore, Etty la transcende :"Souffrance : le grand obstacle c'est la représentation et non la réalité. La réalité on la prend en charge avec toute la souffrance, toutes les difficultés qui s'y attachent. La souffrance est féconde." (p. 230). Elle souhaite en briser les représentations et conclue "l'Enfer, une invention des hommes..." (p. 241). La puissance de l'Amour d'Etty, c'est d'en 'avoir converti la force bénéfique pour la communauté humaine... (p.213).

* Extraits de "Etty Hillesum, Une vie bouleversée, Journal Intime 1941-1943 et autres lettres de Westerbrock Seuil 1995"

 

Autres livres sur Etty Hillesum (en dehors des deux livres cités plus haut) :

- Portrait d'Etty Hillsum de Ingmar Granstedt, Desclée de Brouwer, 2001, 224p. 20 Euros.

- Etty Hillesum, un itinéraire spitituel Paul Lebeau

 

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