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Friedrich Hölderlin (1770 - 1843)

Hölderlin fait coïncider les 3 formes spirituelles qui ont jalonné l'histoire - le christianisme, l'antiquité et l'idéalisme allemand - par une double réduction : subjectivement l'Antiquité restait la forme dominante, mais objectivement l'idéalisme allemand progressait. Il servira de base à Schiller.

Dans ses lettres sur l'éducation esthétique de l'homme Hölderlin montre que l'acte suprême de la raison est un acte esthétique qui ne fait fraterniser la vérité et la bonté que dans la beauté et qui réclame une mythologie de la raison. Mais Hölderlin tourne le dos à cet idéalisme. L'arrière plan qui commande c'est l'identité et non l'analogie.

Dans une vision revisitée de 1 Co 13 revisité il décrit "(l'amour qui) éprouve le sentiment douloureux de la pauvreté et remplit le monde de son superflu... ll ne devine pas que de lui seulement émane l'aube sainte qui vient au devant de lui. En lui est rien et hors de lui est tout... Il espère et croit seulement ; et il regrette seulement d'être encore là pour ressentir son néant, il aimerait mieux être transformé en la réalité sainte qu'il entrevoit. La richesse du divin est trop illimitée pour être contenue dans sa pauvreté". III 203 Lignes 7-20

"Cette kénose de l'Un-Tout est chez Hölderlin le thème poétique par excellence, et qu'il développe dans l'intimité d'une prière chrétienne et dans la responsabilité devant le monde d'une mission chrétienne, une chose inouïe de se réalise : la kénose chrétienne de Dieu s'absorbe en une kénose divine, cosmique et panthéiste. Mais la question reste ouverte : la schématique catégoriale grecque et idéaliste ne devient-elle pas aussitôt (...) langage expressif pour une expérience chrétienne élémentaire de foi, à savoir pour l'immanence et la proximité pour la gloire douloureuse cachés (absente) et présente de l'amour divin comme filigrane du cosmos, ou bien le langage ne l'emporte-t-il pas finalement sur l'exprimé et le tragique en général ne (devient-il) pas la forme interne de la croix ? (...) Qu'est donc quand l'hiver a figé les autres démons indomptés, l'unique force qui reste à l'homme ? ; Pourtant l'amour ne cesse pas d'aimer. Et quand les forces du monde sont déchaînés, Dieu sourit à ce spectacle tant que les liens d'amour ne sont pas corrompus "(p.88) On pourrait compléter dans une vision un peu anthropologique que Dieu pleure à ce spectacle, même s'il espère parce que les liens ne sont pas corrompus...

Pour Hölderlin l'homme dans son coeur spirituel le plus intime est lui aussi divin. Il règne un dieu en nous ! Comme le note Balthasar (p. 91), pour lui, "L'homme est un dieu quand il est homme" et plus loin, "On ne doit pas nier le dieu qui est dans l'homme" Hyperion 1/2 19 (III 79)

Il rappelle également le mystère supérieur qui règne entre les amants : "Même à la divinité qui est entre toi et moi, nous devons offrir un sacrifice de temps en temps" Lettre 169

"C'est dans une rétrospective nostalgique et dans le pressentiment de l'avenir et là seulement qu'est le divin, le saint, le glorieux et qu'il peut faire irruption par instants pour combler une âme, là ou elle est capable d'intimité" (cf. p.92).

Hölderlin développe cette notion d'intimité comme d'une "attitude d'abandon à la merveille et au mystère de l'être avec le sentiment d'être touché par Dieu." (ibid p.92)

"Pourrais-je te la rapporter ce repos saint dans l'intérieur où est perceptible même le plus léger bruit venant de la profondeur de l'esprit, et le plus léger toucher venant du dehors (...) là il nous est proche l'invisible." (p.92)

Alors que l'enthousiasme que l'on trouvait chez Shaftesbury est limité par le sang froid, l'intimité peut-être par contre sans mesure et devoir apprendre sa mesure par la souffrance et de renoncement mais sa recherche jamais abandonnée, même au sacrifice de sa vie.

Hölderlin est priant. Il souligne également l'épreuve de l'éloignement de Dieu, "lorsque tout est fini et que la lumière est éteinte". Son ascension quitte cependant la prière et l'intimité pour atteindre une forme servile de pauvreté sans défense qui peut être la vérité de la gloire suprême de l'être ?

Le seul point de vue qui permet à son oeuvre d'être est la prière.

S'il s'attaque à ces théologiens qui "ligotent les hommes pour leur dérober le divin" à ces "infâmes qui font du sacré un métier [...] c'est pour mieux nous appeler à retrouver l'intimité pré-chrétienne "pour que christianisme primitif puisse être sauvé dans la fête de la paix eschatologique..."

A sa manière, Péguy distinguera lui aussi le bel agenouillement d'un homme libre des prostrations orientales.

L'Hyperion d'Hölderlin est une voie pour réapprendre par l'amour l'humilité et l'adoration. Il garde une christologie en filigrane : qui est en fait une ontologie (idéalisme antique).

A sa manière il défend une identification de la Trinité économique avec la Trinité absolue, que l'on peut retrouver chez Rahner.

"Tout ce qui est originel... apparaît... dans sa faiblesse si bien que très exactement, la lumière de la vie et la manifestation appartiennent à la faiblesse de chaque tout. Le pur ne peut se présenter que dans l'impur."

"La vague du coeur ne s'élèverait pas si magnifiquement en écume et ne deviendrait esprit si le vieux rocher du destin ne lui barrait la route. (cf. p. 102)".

"Seule la mort transfigure le premier enthousiasme de la réflexion irréfléchie en la résolution du don de la vie et par là - sur le plan supérieur, éthique et idéaliste, où la réflexion réfléchie se dissout en immédiateté intime, - fait reconquérir la grâce de l'union renouvelée, scellant la réconciliation du ciel et de la terre".

Pour Balthasar (p.106), le Christ diffère cependant d'Empédocle car le Christ ne vient, ne parle ni n'agit en son nom. Sa kénose n'est ni faute, ni fatalité, mais obéissance. Ainsi l'Empédocle reste inachevé et la voie unique reste le Christ.

Pour Balthasar, (cf. p.108), "des trois amis de Tübingen, Hegel, Schelling et Hölderlin qui se séparent sur le mot d'ordre "Royaume de Dieu", seul le dernier a gardé une foi eschatologique, utopique peut-être, mais brûlante".

"Hölderlin s'oppose à une conception de la parousie où le révélateur agit seul (...) l'Esprit laissera plutôt l'humanité historique s'approprier le don intérieur, même si la démesure de ce don conduit d'abord à un égarement pire encore " in Metrische Fassung III 194, lignes 13 à 15

Ouvrages de F. Holderlin

 

Source principale : Hans Urs von Balthasar,
La Gloire et la Croix, Les aspects esthétiques de la révélation
,
4 Le Domaine de la Métaphysique
*** Les héritages,
tome 86 tr. Givord, Aubier Théologie, Paris 1983

Dans le même ouvrage, une analyse de :
Nicolas de Cuse
Marsile Ficin
Léon l'Hébreu
Giordano Bruno
Göttfried de Strasbourg
Paul Claudel
Comte Anthony de Shaftesbury
Friedrich Hölderlin
Goethe
Rainer Maria Rilke
Heidegger

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