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Jean de la Croix, Styles

Notes d'après Balthasar, La gloire et la Croix, tome Sytles (2-2)

Pour Balthasar, Pascal et Jean de la Croix refondent une nouvelle esthétique en contrepoids des critiques formulées par Luther et la Réforme et notamment de la sola fide de Luther.

D'après lui, Jean de la Croix centre toute sa théologie sur l'enseignement du Christ. La voie étroite tracée par Jean de la Croix se concentre sur un "Dieu seul suffit" à coté duquel, les charismes, les illuminations et toutes autres manifestations de Dieu sont des simples expressions de l'intériorité de Dieu. Il faut aller au delà, à la suite du Christ, dans une nuit obscure, mais une nuit démythisée.

Jean de la Croix affirme que l'amour peut purifier l'âme jusqu'à ce qu'elle devienne une vive flamme d'amour, anticipation de la béatitude même.

Il reprend en cela la voie de Dante mais détaché de ses images, dans un chemin plus solitaire.

Pour Jean de la Croix, l'immensité infinie et sans images de Dieu dépasse toute compréhension. Il s'agit d'un secret, indicible. L'âme peut en jouir mais ne peut lui donner de nom.

Pour lui, Dieu est non seulement le tout-autre, il est le non Aliud (cf. p.20). Balthasar reprend là probablement une définition donnée par Nicolas de Cuse en 1461 dans De li non aliud, de celui que ne pouvant nommer, il appelle le non-autre, c'est-à-dire l'unique, auquel rien n'est comparable et rien ne peut être semblable. Pour Jean de la Croix, il faut comme Madeleine chercher le vivant parmi les morts. Chercher le Christ de la croix réelle en mourant avec lui....

Balthasar note que l'essentiel de Jean de la Croix est dans ses poèmes, les commentaires n'en donnant qu'une image partielle. Si Saint Jean de la Croix s'inscrit dans la mouvance du lyrisme de son époque, il dépasse les allégories pour leur donner un sens véritablement théologique.

Chez Saint Jean de la Croix, le renoncement à l'esthétique le porte loin de bonaventure, là où le "glaive évangélique s'enfonce et sépare l'âme d'elle-même" (p. 27).

L'oeuvre est parcourue par la réduction. Pour Jean de la Croix, rien de créé n'est Dieu. Il faut donc dépasser la figure du créé pour atteindre Dieu.. Si Dieu est l'être, la créature n'est rien. Si Dieu est beauté, la créature est laideur...

Il faut donc tout perdre pour gagner l'essentiel. Chercher le noyau divin dans l'écorce créée. Ce chemin est un combat. On ne peut ainsi se complaire dans une manifestation du divin. Il faut se projeter tout entier dans une nudité totale vers l'être nu de Dieu.

Tous les privilèges ne sont rien... Pour Jean de la Croix, on est appelé à chercher l'indifférence, viser une résurrection intérieure de l'âme jusqu'à ce que le voile qui sépare l'âme de Dieu soit si mince qu'il se déchire.

La voie tracée par Jean de la Croix conduit à une perte de goût pour les choses qui prouve que l'on commence à goûter Dieu tel qu'il est en lui même.

"Le retrait passif de toute délectation dans les choses et même en Dieu, par le minuit de la pure foi aveugle conduit jusqu'à l'aurore d'une nouvelle délectation substantielle des voies de Dieu".

Il s'agit d'un contact substantiel, d'essence à essence, de personne à personne : comparable au baiser du Cantique des Cantiques (cf. p. 40). Au coeur du je, s'actualise le coeur du Toi. Deux fausses pistes peuvent apparaître. Un panthéisme ou l'on se perd dans un magma sans Je, ou une union à Dieu purement accidentelle. Pour Jean de la Croix la mystique s'achève plutôt dans l'ordre trinitaire.

Pour lui, sur le plan de la vie trinitaire, nous sommes au delà de la distance qui sépare comme de l'identité qui menace la personne. L'éveil du Toi au coeur du Je devient alors le contenu d'une vie d'amour.

Le Fils est un miroir sans tâche. En tant que contact, il fait sentir la main de Dieu qui touche. Et de ce contact on reçoit une brûlure intérieure qui est ni la main, ni le contact mais une blessure intérieure (l'Esprit Saint).

Alors le face à face prend une figure trinitaire.

La contemplation consiste à voir. Le regard de l'âme n'est possible que par le regard préalable de la grâce. La lumière vive de la contemplation révèle cette gloire. Il suffit d'ouvrir la main pour recevoir les grâces de Dieu dit le Ps 144,16 La gloire victorieuse de Dieu est pleine de douceur et d'amour (cf 1 rois 19) même si l'homme reste écrasé par sa grandeur (comme Job).

Pour Jean de la Croix, le véritable siège de la beauté c'est la contemplation. Il faut avec la Foi, dépasser le fini et ce dépassement est crucifiant pour l'homme terrestre mais pour l'homme céleste il signifie la liberté de l'amour.

Pour lui, tout reste centré sur le Christ, le reste est sous-entendu. La voie extrême tracée par Jean de la Croix, voie du Mont Carmel est-elle un chemin pour tous ? La question est aussi vieille que la spiritualité chrétienne, répond Balthasar.

Pour Balthasar, le chemins tracé par Jean de la Croix ouvre trois pistes : a) elle actualise l'analogia entis de la philosophie, b) elle est "normative" pour tous chrétiens : rend visible la forme de vie chrétienne c) elle rend témoignage d'une vie contemplative élevée, étoile rective pourvu que soit laissé à Dieu le choix d'appeler certaines âmes à d'autres voies et d'autres rythmes (cf. p. 67).

Elle n'est pas imitable au sens littéral. La Petite Thérèse a délivré le Carmel de cette obsession rappelle Balthasar.

Le chemin de Jean de la Croix est parabolique, hyperbolique pourrions nous ajouter à la suite de P. Beauchamp. C'est comme poète que Jean de la Croix est docteur de l'Eglise...

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Les publications de l'auteur de ce site

Source :

Hans Urs von Balthasar, La gloire et la croix.
Styles. (tome 2-2) De Jean de la Croix à Péguy Aubier Théologie,
traduit de l'allemand par Réné Givord et Hélène Bourboulon,
ISBN 2 7007 342 1
Copyright Editions Montaigne 1972

De Jean de la Croix :

Nuit Obscure Cantique Spirituel

Préface de José Angel Valente et traduction de Jacques Ancet.
Edition Bilingue, NRF, Poésie, Gallimard ISBN 2-07-032962-3

Autres théologiens :

 

Source : Hans URS von BALTHASAR La Gloire et la Croix Tome 2 Styles d'Irénée à Dante Cerf DDB Trad. R Givord Edº 1990 DDB

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