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Karl Rahner, Dieu Trinité.

 

Pour K. Rahner, l'affirmation chez Jean d'un Christ verbe de Dieu (Jn1,1) traduit qu'il est l'expression parfaite et le miroir de la gloire de Dieu. Comme le souligne Heb 1,1 "Le Fils est resplendissant de sa Gloire et expression de son être et il porte l'univers par la puissance de sa Parole."

Rahner définit ainsi un axiome, non pas au sens mathématique mais "Ce sans quoi l'intelligence de la foi est impossible, ou positivement ce qui permet de construire l'édifice théologique en cohérence avec des faits révélés. Le Christianisme tient ou tombe selon que l'on croît ou non que Jésus de Nazareth est l'expression parfaite de Dieu, qu'il est Dieu et que l'Esprit communiqué aux hommes par sa résurrection est le don parfait de Dieu, l'inhabitation de Dieu en l'homme." résume Yves Tourenne dans son introduction de l'ouvrage. C'est vrai, ajoute-t-il que les "néo-scolastiques avaient du mal à voir que la Trinité est d'abord la manifestation de l'histoire du salut : on partait d'une affirmation théorique du Dieu trine et l'on se demandait pourquoi le Verbe". On était porté à maintenir entre "l'économie" et "l'éternité" un abîme, cet abîme que Dieu est pourtant venu combler par son Fils abaissé puis relevé plus haut que tout (Ph 2, Eph 4, 9-10). Séparé de la patiente histoire du salut et de l'habitation de Dieu dans l'ancien Testament, la logique de la Trinité immanente ne permettait guère de rejoindre certaines affirmations du Fils, l'homme Jésus : "Quand à la date de ce jour, où à l'heure, personne ne le connaît, ni les anges dans le Ciel, ni le Fils, personne que le Père" Mc 13,32 voir Jn 14,28

Pour Yves Tourenne, trois types de réflexion justifient l'axiome fondamental :

1) l'incarnation : Jésus Christ n'est pas Dieu, il est Parole, le Verbe et c'est parce qu'il est auto-expression du Père, infiniment une et différente de lui qu'il peut être le symbole réel du Père.

2) la conscience de Jésus d'être le Fils vis à vis de Dieu (p.73) dans l'obéissance qui renvoie à un autre que lui.

3) le passage nécessaire entre une Trinité économique et la Trinité immanente (cf. 112)

Pour lui, le Verbe incarné et l'Esprit-Saint répandu ne sont pas des médiations ou des instruments dont Dieu se servirait. Nous ne sommes pas sauvés par des médiations créées. L'histoire du salut n'a de signification que si elle renvoie au dessein éternel de Dieu et à la distinction réelle du Père, du Fils et de l'Esprit-Saint.

Yves Tourenne conclut que la voie ouverte par K. Rahner n'est pas un trithéisme (trois consciences) mais un monothéisme chrétien : le don que fait le Père de soi-même en envoyant sa propre Parole et en donnant part à son propre Amour.

Pour l'être humain, ce don est absolu, gratuit, impossible à obtenir et à mesurer à travers la raison humaine ou la volonté. Ce don désiré par tout homme, l'Esprit le suscite lui-même, en chacun et ouvre ainsi la possibilité d'accueillir le don de Dieu.

L'axiome de la Trinité, souligne Yves Tourenne a servi de référence à de nombreux théologiens (Moltman, Congar, Jüngel, Moingt,...) et ouvert un élan nouveau mais il ne doit pas fixer notre pensée. L'important c'est la réalité (cf p. 116, 125). Le Dieu Trinité est le Dieu qui se donne en se faisant la réalité la plus concrète de notre réalité mais cette réalité infiniment proche échappe à la raison.

La conversion nous fait adhérer par la foi au Dieu Père et conduit à une sortie de nous-mêmes qui nous fait retourner en nous-mêmes, pour y trouver le Maître intérieur, l'Esprit-Saint et pouvoir en lui crier vers le Christ, le Fils de Dieu venu dans l'histoire nous révéler son Père et notre Père.

On pourrait ajouter que nous ne sommes pas Dieu, mais que nous sommes habités d'une lumière intérieure qui n'est en Dieu que lorsqu'elle nous conduit à nous ouvrir à ce qui fait l'essence du Christianisme : la charité... et quand nous y parvenons non sommes image de Dieu et approchons de la ressemblance.

Yves Tourenne souligne également que K. Rahner insiste sur la grâce et l'expérience que suscite une rencontre avec la réalité de Dieu. Nos yeux s'ouvrent à ce qui était là, mais à quoi nous ne prêtions pas attention. On retrouve les accents de cette découverte de Saint Augustin dans ses confessions.

Dieu infini se donne à nous, Dieu éternel mais qui reste infiniment concret.

La lecture du traité commence ainsi par une interpellation. Ne sommes nous pas trop monothéistes. Quand nous prions le Notre Père, à qui s'adresse-t-on vraiment ? Et à la messe ?

Quant à la Grâce, de qui la reçoit-on ? Du Père, du Fils ou de l'Esprit ?. N'est-ce pas plutôt une action de concert des trois personnes qui traduit leur unité, leur identité absolue ?

Et quel intérêt à la Trinité si elle n'a aucune relation ontologique avec nous (si elle n'interpelle pas notre conscience) ?

L'axiome principal de Rahner serait ainsi que "La Trinité de l'économie du salut est la Trinité immanente". La Trinité est un mystère qui concerne notre salut, sinon on ne verrait pas pourquoi elle a été révélée.

Rahner reprend pour cela la doctrine de la grâce considérée comme "l'auto-communication de Dieu, dans le Christ et dans son Esprit, à sa créature". Ce n'est pas une simple relation (qui s'appliquerait à chacune des trois personnes divines que par simple appropriation), ni une qualité de nature sanctificatrice, créée et Jésus n'est pas Dieu en général mais le Fils.

L'incarnation se situe dans la perspective d'une mission, celle d'être présence de Dieu dans le monde, une réalité relative à l'économie du plan divin qui lui est propre.

L'incarnation est l'apparition dans le monde, "en dehors" de la vie de Dieu "intérieure" de quelque chose propre au Verbe, l'histoire d'une personne divine déterminée et d'elle seulement. Certes à travers l'union propre à la Trinité, c'est l'oeuvre commune mais cette participation du Verbe marque que la Trinité et le plan de Dieu ne sont pas distincts.

La grâce donnée par Dieu n'est pas la même à tout le monde, mais adaptée et complémentaire à chaque personne (p. 34). Dieu un et Trine établit en tant que Trinité une relation avec la création, de fait qu'il lui communique sa divinité. Cette relation est à concevoir dans la logique de la Trinité autrement dit que chaque personne a une manière à elle d'entrer en rapport avec le monde (p. 35).

"Le Verbe est le révélateur (et non un révélateur parmi d'autres possibles) de la Trinité divine en raison de sa spécificité : Le Verbe du Père" (p. 37).

Je dirais que cette relation entre les deux natures est progressive si j'en crois la thèse de B. Sesboué in Pédagogie du Christ, c'est dans l'accomplissement et l'obéissance de l'homme que l'interpénétration entre les deux natures se réalise jusqu'à culminer sur la Croix .

La réponse de Karl Rahner c'est de dire qu'il faut concevoir autrement dans le Christ le rapport fondamental qui existe entre le Verbe et la nature humaine. Le Verbe est l'exprimable, au point de pouvoir trouver son expression jusque dans une réalité qui n'est pas Dieu. Il est la Parole du Père [le dit du dire ??], la Parole dans laquelle le Père peut s'exprimer, et même, par une démarche libre, sortir de la divinité en s'extériorisant dans quelque chose qui n'est pas Dieu. La nature humaine n'est pas une enveloppe (prosôpon) du Verbe mais le symbole constitutif réel du Verbe lui-même. Ce que Jésus est et accomplit au titre de son humanité n'est autre que la condition du Verbe vivant parmi nous pour être notre salut, et cette condition nous révèle ce qu'est le Verbe lui-même.

NB : Le traducteur a utilisé plutôt le terme Logos au lieu de Verbe... On pourrait dire aussi Parole, mais au risque de désincarner le Logos.

En Jésus s'identifient de façon absolue le Logos tel qu'il est en Dieu et tel qu'il est parmi nous, le Logos Trinitaire et celui qui est au centre du salut.

"Chacune des 3 personnes divines, par une démarche libre, comme il convient à l'ordre de la grâce se communique à l'homme d'une façon qui lui est propre et qui la distingue des autres. On l'appelle "inhabitation de Dieu", "grâce incréée", communication de la nature divine et acte ressortissant à l'ordre de l'Esprit, de la liberté et de la personne, une relation de personne à personne, comme une "communication des "personnes" et une telle communication est le fondement réel, ontologique de la vie de la grâce dans l'homme.

Cette auto-communication des personnes divines se fait en fonction de leur caractère personnel, autant dire en fonction et en vertu de leurs relations mutuelles,..." (p. 43)

"Les trois auto-communication sont l'auto-communication d'un seul Dieu mais une auto-communication qui revêt trois formes, celles là même qui constituent les pôles de la subsistance divine."

De fait, au Père, on peut demander la miséricorde, à l'Esprit-Saint, qu'il demande au Père une conscience intérieure et au Verbe de pouvoir s'ouvrir à la Parole intérieure, se modeler dans cette parole.

"Le Père se donne comme Père. Qu'est-ce à dire ?

Que étant par nature en lui-même, il doit donner une expression et c'est son Fils, qui n'est autre que la révélation, sous la forme d'une personne, de ce qu'il est lui-même et que le Père et le Fils en s'affirmant dans l'amour se communiquent sous le signe d'un accueil aimant.

Dieu se comporte vis à vis de nous de façon trinitaire, et ce comportement, loin d'être une simple image ou une simple analogie de ce qu'est la vie intime de la Trinité est cette vie trinitaire elle-même sans que cela altère en rien le caractère libre et gracieux d'une telle communication. Ce qui est communiqué est précisément le Dieu personnel et trine, et c'est ainsi que la communication de Dieu à sa créature (communication qui résulte de Dieu dans l'ordre de la grâce) si elle a lieu ne peut revêtir d'autres formes que celle prise au sein de Dieu, celle d'une double communication de l'essence divine faite par le Père au Fils et à l'Esprit-Saint."

Dieu unique se communique donc sous une double forme ; l'expression absolue de lui-même et le don absolu de l'amour.

Mais K. Rahner souligne là deux dangers (p. 45) : a) percevoir ce don comme purement verbal, b) ou le percevoir comme étant du même type que celui de la création.

La Trinité vient elle même en nous.

Père, Fils et Esprit-Saint ne se distingue que dans la relation (p.79). Ce qui les distingue, c'est la situation dans laquelle ils sont l'un vis à vis de l'autre. Ils ont en effet trois façons de se donner mais aussi d'exister. Trois "Personnes", mais une seule puissance, une seule volonté, une seule conscience de soi (chacune des personnes ayant une conscience de soi et conscience de la personnalité de l'autre mais procurée par l'essence divine elle est commune aux trois personnes), un seul agir, une seule béatitude.

A partir de la page 100, K. Rahner apporte une lecture nouvelle sur l'auto-communication (un thème qui lui est cher) qui revêt pour lui quatre couples d'aspects :

a) origine - avenir

b) histoire - transcendance

c) offre - acceptation

d) connaissance - amour

La communication que Dieu nous fait de lui-même, s'insère en l'homme raisonnable à priori. La création est élément de communication de Dieu [mais non preuve] mais la création aurait pu exister sans...

En Christ, la nature humaine est ce qui surgit lorsque le verbe de Dieu s'exprime lui-même ad extra.

Si Dieu veut se communiquer, cela "suppose" un sujet capable de le recevoir, un être de caractère spirituel et personnel, que seul un être de cette nature puisse avoir la "puissance obédentielle" nécessaire à la réception de la communication de Dieu.

Pour Rahner (p. 103ss), la communication a une origine et un avenir qui crée une tension ouverte entre deux éléments de la communication divine. Dans cette tension se place la liberté qui implique une histoire authentique.

Cette communication s'inscrit dans une histoire et vise une transcendance. En cela la communication atteint l'homme dans sa totalité indivise. La transcendance a une histoire et c'est dans l'unité différentiée de l'histoire et de la transcendance qu'il faut chercher la source de l'orientation congénitale de notre être qui se tourne vers Dieu.

Mais Dieu se communique aussi à travers offre et acceptation : Dieu se donne d'une manière qui permet d'accepter librement le don qu'il fait de lui-même.

Enfin il se communique à travers connaissance et amour. La communication de Dieu a pour destinataire l'homme tout entier comme tel. Ce n'est pas un amour qui ne fait que tendre vers la personne, mais qui trouve son épanouissement dans la bonté achevée de celle-ci et dans l'éclat qu'elle rayonne... Dès lors si Dieu se donne lui-même à l'homme il ne peut le faire qu'à travers la communication de la vérité absolue et donc de l'amour absolu envers l'homme.

Dieu nous offre le don de lui-même sous la forme d'une vérité fidèle qui se propose et cette fidélité constitue l'histoire (p. 108).

Il y a ainsi pour Rahner une unité entre avenir-transcendance - acceptation - amour.

Plus loin, on peut aussi noter que Rahner cherche à trouver un autre terme de Personne pour qualifier la Trinité. Il parle préfère en effet, l'expression "mode distinct de subsistance".

in Karl Rahner Dieu Trinité, Fondement transcendant de l'histoire du salut, Cerf 1999 Traduction Yves Tourenne

Karl Rahner : Théologien Allemand, 1904-1984

Autres ouvrages commentés dans Chemins :

Appel au Dieu du silence, 10 Méditations
Traité fondamental de la foi.
Dieu-Trinité

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