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VI - Coeur à coeur, le dialogue conjugal

Par Joël Philippon (suite)*

Le dialogue conjugal commence à se tisser dès avant le mariage, et le mariage, en un sens, n'inaugure pas un temps nouveau où ce qui était défendu devient permis.

Il arrive parfois que les fiancés posent la question : jusqu'où peut-on aller ? comprenons : jusqu'où pouvons-nous aller dans la connaissance mutuelle de nos corps et de nos sexes ? ou : quelle est la limite entre ce qui est permis et ce qui est défendu ?

 

Dans le coeur à coeur, il n'y a pas de limite.

Cette limite existe bien dans la doctrine : elle a une valeur protectrice et libératrice.

Lorsque l'on est enfant, il y a, d'une manière générale, des limites imposées par les parents. Ce qui est ressenti comme un "interdit" n'a pas pour fonction de brimer mais d'éduquer, c'est-à-dire de créer des prises de conscience de valeurs nouvelles.

Lorsque l'on est adulte, il n'y a pas d'autre limite que celle que la conscience impose à chacun, dans l'imprescriptible respect de la personne humaine.

Tel couple (A) serait peut-être choqué par ce que vit tel autre couple (B), et préfère s'abstenir de toute rencontre charnelle jusqu'au mariage.

Disons-le sans ambages, l'attitude des deux couples est tout à fait bonne, à l'égard d'une rencontre charnelle intime, dans la mesure même où elle est adaptée à chaque cas, où la personne est respectée.

- le couple (B) a sans doute d'excellentes raisons d'approfondir sa propre intimité et de créer un langage des corps. Très bien.

- le couple (A), de par l'histoire affective passée de l'un et de l'autre, ou bien la garde des principes, a également d'excellentes raisons de ne pas outrepasser les «convenances ». Très bien.

 

Ces deux choix sont moralement bons : à condition toutefois que (A) ne juge pas (B), que (B) ne juge pas (A). Et que, dans chaque couple, la dignité de chacun soit profondément, réellement et intégralement respectée.

Derrière la question, posée à l'Eglise, du permis-défendu, ou de la limite dans ce domaine sensible, il y a l'attente d'une réponse claire, qui sécurise, la peur ou le plaisir de franchir la limite, une angoisse, avec le désir de fuir en avant.

 

Mais toute une conception de l'autorité dans l'Eglise a évolué.

Autrefois, l'Eglise édictait des principes moraux auxquels les chrétiens avaient à se soumettre. Dans le domaine moral, le curé, plus encore l'évêque ou le pape, parlaient avec une autorité incontestable et incontestée.

Actuellement, surtout depuis le concile Vatican II, l'Eglise, face à une question de ce genre ( permis-défendu ? ), renvoie davantage les chrétiens à leur conscience. Son rôle n'est pas d'apporter, avec l'autorité qui est la sienne, une réponse qui sécurise : elle n'est pas chargée de "materner" les fidèles, mais d'éduquer les consciences.

Le renouveau biblique qui permet l'accès à la Parole de Dieu, le renouveau de prière, l'explicitation plus grande de la doctrine et de la pensée chrétiennes, permettent de nouveaux éveils et de nouvelles prises de conscience.

Nos deux fiancés sont donc, dans tous les cas, invités à faire leur propre apprentissage. Faisons-leur confiance.

Leur coeur à coeur ne peut pas se libérer, s'ils restent enfermés dans une perspective moralisante.

Le mariage, en un sens, n'inaugure pas un temps nouveau, «l'ère du permis », où ce qui était défendu devient permis. «Maintenant que l'on est marié, on a droit à ... ».

En effet, il est fort à craindre que ce qui peut être ressenti comme défendu ou interdit avant le mariage ( et peut conduire à un "blocage" psychologique ), le reste longtemps après. Le sacrement, ( qui n'est pas un rite magique, mais un signe d'amour de Dieu ) n'a pas comme rôle de "débloquer" ce qui peut avoir été précédemment "bloqué" !

La préparation au mariage est préparation à l'amour vécu dans le cadre du mariage : car l'amour existe avant, et est vécu avant, mais de façon différente. Elle ne s'achève pas brusquement le jour du mariage ; en fin de compte, il n'est demandé qu'une seule chose aux fiancés : être intelligents, de l'intelligence du coeur.

De la qualité et de la finesse de ces échanges coeur à coeur naît la pureté du regard sans laquelle l'amour n'est qu'un désir de possession mal déguisé.

L'expression "faire l'amour" employée - notamment dans les médias et donc dans le langage courant - nous semble à proscrire totalement, indépendamment de son côté vulgaire : en aucun cas, on ne "fait" l'amour, car l'amour ( relation spirituelle ) ne relève pas du "faire" mais de l'"être". On ne "fait pas l'amour", on "est amour", on "aime".

Pour la même raison, soit dit en passant, on ne "fait" pas sa prière ( bien que cette formulation ait une valeur pédagogique évidente ), on "est prière", on "prie".

"S'aimer entre homme et femme, dit Jean-Paul II aux jeunes réunis au stade de la Meinau, à Strasbourg, le 8/10/1988, s'aimer entre jeune homme et jeune fille, c'est respecter l'autre dans son coeur, son corps, sa liberté ;

c'est le recevoir avec admiration comme un don de Dieu,

c'est l'aimer différent avec l'intention de tout faire pour le rendre heureux et meilleur ;

c'est s'unir pour créer une famille.

L'autre doit être aimé pour lui-même, pas comme un objet de plaisir.

Un tel amour s'apprend patiemment ; il demande des sacrifices, il est fait pour durer....

Si Dieu exige la fidélité totale, c'est qu'elle est possible.

Si Jésus en a fait un sacrement, à l'image de son amour indissoluble pour l'Eglise, c'est que sa grâce ne fera jamais défaut.

 

 

 

L'acte qui unit l'homme et la femme en une seule chair est si grand et si fort qu'il exprime l'alliance totale de deux personnes : il perd son sens en dehors de cette alliance scellée dans le sacrement.

De même qu'on ne peut vivre seulement à l'essai, ni mourir à l'essai, on ne peut aimer vraiment à l'essai.

Ce serait confondre l'expérience prématurée de la jouissance avec le don de soi dans l'amour lucidement consenti pour toujours. Le problème est de se préparer à ce don de soi, au niveau du coeur et de la volonté."

L'Ecriture nous montre que la bénédiction s'adresse à Dieu, réfère l'être à son origine, le situe donc dans sa vérité. "Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre..." Lc 10 21

Entre fiancés, la bénédiction du corps de l'autre ne peut-elle pas signifier précisément l'accueil de l'autre comme étant un don de Dieu ? Elle situe les créatures en vérité par rapport à leur créateur, par rapport à elles-mêmes, dans une nudité et une globalité du corps et du coeur qui permet la mise en valeur de l'essentiel.

"Que le Seigneur te bénisse et te garde !

Que le Seigneur fasse pour toi rayonner son visage et te fasse grâce !

Que le Seigneur te découvre sa face et t'apporte la paix !"

Nb. 6 24-26

Un regard, un toucher, une caresse, une tendresse peuvent libérer, ouvrir des espaces intimes, des intériorités successives.

Mais attention ! Que la jeune fille le sache et s'en rende bien compte, cela est plus facile et assez naturel pour elle ; pour lui, ce peut être une épreuve difficile à surmonter ; tous les jeunes hommes n'en sont pas capables.

Néanmoins, une saine curiosité, satisfaite en justesse - c'est-à-dire en dehors de toute excitation ou provocation à l'acte sexuel - rassérène, fait jaillir la bénédiction, éveille l'émerveillement, ouvre le coeur au coeur : ce corps nu que je reçois nu est un don de Dieu.

Ceci suppose que cette ébauche de la relation de tendresse soit désirée et préparée longuement par une ardente prière qui situe en vérité les créatures en rapport avec leur Créateur.

Bien des peurs intimes, bien des inhibitions, bien des fragilités, bien des blessures, des fausses pudeurs ou des refus, s'expriment alors, dans la simplicité d'une rencontre première, située à un niveau de pureté élevé toujours souhaitable et souvent possible.

Le mariage n'est-il pas une école de simplicité ?

L'important est de bien voir qu'ils ont déjà fait le choix l'un de l'autre et qu'une saine curiosité peut être un facteur de paix.

Suite

* Extrait de Coeur à Coeur, Le temps des fiançailles, de Joël Philippon © Editions Mame, 1993