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Catherine Bergeret Amselek nous présente une analyse
pertinente de ce qu'elle appelle la maternalité, au
croisement du maternel, de la maternité et de la natalité.
Le désir d'être mère est inscrit au plus
profond de la personne humaine, dit-elle. Mais en même
temps, il soulève et révèle des éléments
très archaïques. De plus, une fois le désir
réalisé, la personne reste avec un manque existentiel,
incomblable, car l'enfant réel n'est jamais l'enfant
du désir.
Pourquoi ce réveil archaïque ? Principalement
parce qu'il s'agit d'une résurgence du corps à
corps mère fille, dans une phase de régression
narcissique, dynamique mais aussi dynamite pour la femme.
La maternité est une expérience de passage
réelle au confins de la position féminine, qui
est à la fois possibilité d'accueil et d'ouverture
(position passive) mais aussi de réception, de contenance.
La Femme éprouve, contient des sensations dans sa chair.
Elle note au passage que les règles constituent une
mini crise de la maternalité, alors que la pilule évite
aux femmes de sentir la féminité de leur chair.
La grossesse par contre est souvent une période narcissique
intense, certaines mères exhibant leur ventre tel un
phallus glorifié et vénéré. Mais
cette affichage masque des renoncements, un passage.
Etre enceinte, c'est en effet être image de ce que
notre mère a vécu dans la même situation
ce qui induit des pièges identificatoires, une violente
crise narcissique et des turbulences émotionnelles.
En effet la grossesse réveille le fantasme originaire
de la vie utérine. En se faisant parcours la mère
est témoin de sa propre naissance et de l'acte qui
l'a précédé.
Il lui faut alors donner sans se perdre, tout le problème
est là... Se départir de tout les modèles
familiaux ou sociaux des mères idéales pour
se réapproprier sa maternité, guidé par
l'enfant qui est différent.
Le rôle du père est crucial. Par sa présence
structurante (à la grossesse, il ne doit pas se positionner
en voyeur mais en acteur...), par sa manière de s'occuper
du bébé, il est appelé à participer
physiquement, permettant ainsi aux mères de se sentir
soulagée, et devenir ainsi plus performante.
Catherine Bergeret décrit avec détail les différents
stades de la grossesse.
Elle note notamment, qu'en général, le premier
trimestre de la grossesse est marqué par une certaine
ambivalence, où le bébé oscille entre
trésor et poison.
Au second trimestre, elle note que les femmes sont au sommet
de leur fécondité, capables souvent d'empathie,
y compris de soif sexuelle car elles recherchent un contact
privilégié et intime. Elle souligne même
une grande sensibilité aux odeurs, à la poésie
l'esthétisme le romantisme, qui sont les caractéristiques
de la sexualité féminine.
La grossesse peut marquer ainsi un besoin intense, ou, à
l'inverse un refus de tout contact avec l'autre. Certaines
femmes sont alors capables d'une immense jouissance dans cet
état de grâce.
Dans les pages qui suivent, Catherine Bergeret-Amselek traite
de l'accouchement, comme une atteinte narcissique et que doit
suivre une phase nécessaire de réappropriation
du corps. Elle souligne également les dangers pour
le psychisme d'une péridurale. Elle fait l'éloge
de l'haptonomie, comme une maïeutique de la parentalité
Un livre qui mérite un détour.
Catherine Bergeret-Amselek Le mystère des mères
Desclée de Brouwer ISBN - 2 - 220 - 03883 - 1 Paris
1997 19,05 Euros
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