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La grande avancée de René Girard a été
de donner une interprétation nouvelle de processus
humains fondamentaux, à l'aune de l'étude des
systèmes humains primitifs. Cette analyse permet de
mettre en évidence le renversement total de perspective
qu'apporte le christianisme en particulier dans sa vision
novatrice contre le sacrifice.
Cette analyse met fin à des millénaires de
tentation sacrificielle et apporte même à la
théologie un regain novateur, appuyant la thèse
d'un Christ Sauveur, unique médiateur entre la peur
ancestrale des hommes et un Dieu tout amour.
Girard commence par commenter le mimétisme animal
pour mettre le doigt sur la mimésis, cette tendance
humaine d'appropriation qui est à l'origine de tous
les interdits communautaire. Il voit ainsi le rituel comme
une transgression de l'interdit d'appropriation et dans le
sacrifice la violence déchaînée d'un "tous
contre un". La victime émissaire est ainsi la trêve
miraculeuse de cette tension humaine. Le bouc émissaire
rétablit un équilibre dans une tension mimétique
intense. Le sacrifice cristallise pour lui la violence mimétique.
De plus cette violence collective s'accompagne comme l'illustre
certaines formes de lynchage de la conviction de la culpabilité
de la victime (lynchage du Christ...).
A ces processus archaïque et pourtant toujours vivaces,
la Bible apporte une contradiction fondamentale. Elle prend
le parti des victimes, tout en protégeant et pardonnant
au bourreau (comme l'illustre les textes de Caïn, d'Isaac,
de Joseph...).
Le rédacteur inverse la mythologie pré-existante
(voir le récit sur Joseph et ses frères). Et
ce renversement est une accusation de la culpabilisation.
Les trois tentations du Christ au désert illustre
d'ailleurs la dénonciation de ce processus mimétique
dans son ensemble, alors que le récit de la passion
rassemble tous les rites archaïques de cette violence
(tirage au sort, exclusion, ...) Et c'est la où le
récit pascal est une déconstruction de tout
le système primitif. Le christianisme n'est pas une
religion comme les autres. Comme le montre Saint Luc, dans
la parabole des vignerons homicides, c'est la pierre rejetée
des bâtisseurs qui devient la pierre d'angle du christianisme.
Dieu en effet veut la miséricorde et non sacrifice
(cf. Mt 9,13).
Il faut avoir du texte une lecture non-sacrificielle, voir
d'abord que le Christ n'est pas sacrifié par le père
mais par la violence mimétique. Le chemin du Christ
est alors perçu comme un chemin d'amour et de non-violence.
Jésus est la seule victime qui révèle
la folie du sacrifice.
Il montre le jusqu'au bout de l'amour. Il faut lire d'ailleurs,
comme le montre R. Girard p. 237 que le que " ta volonté
soit faite" n'est pas la réponse à une exigence
de sacrifice mais juste un "mourir pour ne pas répondre
à la violence et la dénoncer".
Jésus est la seule victime qui révèle
la folie du sacrifice....
Tu ne voulais pas de sacrifice alors j'ai dit, me voici...
dit le psaume...
Un chemin d'amour infini à méditer...
CHD. 18/11/02 René GIRARD, Des choses cachées
depuis la fondation du monde... Grasset, 2/79
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