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On dit souvent à tort que le livre de Job est une
réponse au problème de la souffrance, alors
qu'il s'agit plutôt d'une recherche de Dieu, de la réalité
de sa justice face à l'homme.
On voudrait trop souvent faire de Dieu un homme, avec une
logique d'homme, une justice d'homme. On voudrait et c'est
le cri de Job, que notre obéissance à la loi,
notre piété, notre pratique souvent pharisienne
soit une garantie des bienfaits de Dieu. Mais Dieu n'entre
pas dans une logique de donnant-donnant, il est Autre. Job
résiste à ses amis qui veulent lui faire dire
sa faute, mais sa résistance en devient fierté
et orgueil. Alors que ses amis veulent lui faire accepter
le principe d'une rétribution (tu es châtié
car tu as péché), et que Job insiste sur sa
rectitude morale, l'auteur trace un autre chemin, plus difficile,
celui de l'humilité, de la grâce d'une présence
que l'on ne mérite pas, mais qui est en soi suffisante.
En cela Job introduit pour moi une nouvelle alliance, celle
d'un Dieu qui souffre à côté de tout homme,
jusqu'à en mourir...
Sortir du "donnant-donnant" pour un "mourir avec". Avec Adolphe
Gesché*, on peut dire que Dieu est avec l'homme dans
son combat et ce combat le mène à Dieu. Dieu
n'est pas immobile mais victime.
Le mal est irrationnel par excellence, il n'a pas de place
dans la création et de fait, si le mal est folie n'est-ce
pas une autre folie qui peut aller au devant ? Celle du Christ,
cette folie d'un Dieu qui se met à genou...
Sachant, si l'on en croit Origène (ibid p. 95) que
le Père lui même souffre une passion : la passion
d'amour" Et notre faute alors. Gesché répond
que le péché ne rompt pas la relation, elle
est un devant-Dieu (par définition, cf. ibid p. 111).
Porter son péché devant Dieu et avec Dieu introduit
le salut et la surabondance de la grâce. Sur cette base,
tout peut être sauvé parce que le mal est injustifiable,
qu'il n'est pas ordre et création, ni une fatalité
mais désordre. Le mal malheur peut être combattu
par le "caritatif", le mal de faute est notre responsabilité...
Source :
Introduction du livre de Job, Traduction Oecuménique
de la Bible
* Adolphe GESCHE, Dieu pour penser. Le mal 12/95,Editions
Cerf Pour aller plus loin...
La souffrance de Dieu
Le principe de responsabilité
chez Lévinas.
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