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Résumé du livre d'Enzo Bianchi
Ecoute, tel est le premier mot de la règle de St
Benoît. Dans notre société de l'information,
l'interpellation à écouter prend une coloration
particulière. Elle est invitation au silence et à une
réceptivité nouvelle.
Souvent nous dit E. Bianchi, notre usage de la Parole devient
dangereux et sectaire, lorsqu'il n'est plus que le choix des
thèmes accrocheurs qui vont permettre d'orienter la vie du
groupe. Notre écoute est intéressée.
A l'inverse, l'auteur nous invite à lire et méditer
longuement, et à prier de sorte que la Parole nous domine,
nous décentre.
Comme le dit St Ambroise : "Ecoutez le Christ ! C'est à lui
que tu parles quand tu pries, c'est lui que tu écoutes quand
tu lis les divines écritures". Des devoirs des ministres
sacrés I, 20,28 (PL 16, 50A) 18
A la différence des faiseurs d'exercices, ce qu'E. Bianchi
appelle la "devotio moderna" qui est souvent anthropocentrique ou
égocentrique et vise les mouvements du coeur, la lecture de la
Parole doit chercher une méditation authentique, toujours
théocentrique ou christologique. Pour Bianchi, La lectio
"n'est jamais centrée sur soi" (cf. p. 20).
Il nous faut lire, relire, mâcher et murmurer, ruminer et
réciter, fixer dans l'esprit et conserver dans le coeur la
Parole, pour parvenir non à la discussion, aux sensations mais
à la prière, à la contemplation et donc à
l'action.
La Parole de Dieu n'est pas un livre mais une semence (cf. Mat.
13,19). A nous de la laisser germer dans notre vie pour qu'elle nous
grandisse, nous sanctifie, nous alimente, nous illumine et
dévoile Dieu (cf. p. 28).
Comme le dit Irénée de Lyon : "Le Christ
récapitule en lui-même la longue histoire des hommes, il
nous a procuré un raccourci vers le salut" Adv. Her. III, 18,
1 SC 211 p. 342s. 31
Nous nous trouvons face à un seul livre et ce livre unique
c'est le Christ. Si nous lisons l'Ecriture avec ce critère
unifiant nous sommes de ceux qui enlèvent le voile de la face
du Seigneur (II Cor. 3, 12) 31.
Pour cela, il nous faut pratiquer comme dans le Livre de
Néhémie (ch. 8) et construire un ambon, se mettre en
attitude d'écoute véritable, puis livrer le texte
à notre esprit.
Nous devons être ainsi le terreau de la semence du Verbe, le
réceptacle vivant de la Parole (cf. p. 41).
Il nous faut pour cela plusieurs qualité comme la
docilité, la componction, l'illumination, et le
détachement (p. 49).
La rumination de l'Ecriture nous permettra alors de prendre de la
distance sur nos vies et nous tourner vers Dieu.
"La prière méditative, pour Guillaume de St Thierry
est celle qui monte d'un coeur touché par la Parole divine :
prière qui est le vrai fleuve (...) le vrai pleur d'un coeur
blessé par l'épée à deux tranchants (...)
la prière est ma réponse à Dieu, lui
s'étant donné à moi dans la lecture, je me donne
à lui dans l'oraison" (cf. p. 70).
La lecture de la Parole est peut-être ce chemin longtemps
cherché dans nos réflexions sur le décentrement.
Elle conduit surtout l'homme à agir. Faire tressaillir en
lui le Verbe reçu jusqu'à ce qu'il devienne semence
véritable, image de Dieu dans le sens d'un coeur aimant et
actif.
Source : Enzo Bianchi, Prier la Parole, Vie Monastique, nº15
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