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La Promesse... de Jean Marie Lustiger

A travers la reprise d'une retraite donnée en 1979 à Sainte Françoise Romaine (Bec Hellouin), nous découvrons la pensée de celui qui est devenu par la suite Archevêque de Paris. Ce juif converti au christianisme trace dans cet ouvrage, relu et complété fin 2002 des chemins originaux voire dérangeants vers une plus grande compréhension de l'origine juive du christianisme. Mais plus encore, sans syncrétisme ou récupération, il ébauche des réflexions sur l'erreur de ce qu'il appelle un pagono-christianisme qui en rejetant ses origines se paganise et passe à côté d'une vérité fondamentale, pourtant exprimée clairement par le Christ : "Je ne suis pas venu abolir la loi ancienne, mais l'accomplir". Ces propos rejettent un mépris complaisant et accumulé du judaïsme et ébauche des voix de compréhension historique des divisions et erreurs accumulés.

Cette approche est au service à mon avis d'un plus grand respect entre nos deux religions. Il peut ouvrir des pistes pour un dialogue et plus encore, en renouant avec nos origines, renforce pour chacun le sentiment d'une voie de rencontre et de complémentarité...

Jean Marie Lustiger commence son analyse de l'Evangile de Matthieu par une relecture des commandements, qu'il faut, dit-il prendre dans leur totalité.

Si le Christ annonce un commandement nouveau... (Jn 13,34), la nouveauté porte seulement sur le comme (comme je vous ai aimés...)... La nouveauté du Christ c'est le fils obéissant...

Israël avait fait l'expérience qu'il est hors du pouvoir de l'homme de rester fidèle à l'accomplissement des commandements, Dieu lui-même pousse son amour jusqu'à lui promettre de changer son coeur et de le rendre capable, gratuitement d'observer ses commandements.

Mais pour cela, nous sommes invités à reconnaître notre faiblesse radicale et aller jusqu'à supplier Dieu d'accomplir en nous par l'Esprit ce dont on est incapable par nos propres forces... L'auteur rappelle le texte de Sagesse 1,13 "Dieu, lui n'a pas fait la mort et il ne prend pas plaisir à la perte des vivants... car il a créé tous les êtres pour qu'ils subsistent..." pour insister sur le fait que le pardon au sens le plus fort du mot ne peut venir que de Dieu seul.

Face à son impuissance d'accomplir la Loi, l'homme est acculé à la prière du psaume : "Donne nous un coeur nouveau " (Ps 51,12).

C'est dans cette dynamique que le Christ s'inscrit, en transcendant les commandements anciens et leur donnant leur plein épanouissement. Jésus accomplit le sens plein de la Loi.

Jésus est lui même et simultanément le peuple d'Israël tout entier. Le Messie est celui qui prend sur lui cette volonté homicide et qui au lieu de la retourner en mort, la transforme en pardon.

Jean Marie Lustiger n'a qu'une idée centrale : il n'y a pas de différence de point de vue entre le peuple de Dieu et les Chrétiens. Jésus ne fait pas de distinction. Nous sommes tous appelés... Les juifs par élection première, et nous chrétiens par cette ouverture de l'Election à tout homme, à travers le Christ.

L'auteur insiste sur le lien entre Christ et Israël par cette affirmation centrale : Si le Christ n'est pas mort pour les innocents de Béthléem, tombés sous la violence d'un Hérode iduméen (non juif), si le Christ n'est pas mort pour Auschwitz, alors il est mort pour rien... Le silence de Dieu face à la souffrance de Job ou de toutes ces victimes et ces agneaux égorgés, n'a de réponse que dans la mort du Christ, signe de l'amour véritable et fidèle de Dieu. Le couple chrétien, sa fidélité au delà des vents et des montagnes n'a de sens que sous cet éclairage. C'est au nom de cela, de cet amour porté au bout de lui même, que le couple chrétien est invité à vivre jusqu'au bout une histoire impossible...

Il s'agit bien là de la Loi ancienne, éclairée et révélée par le chemin d'un Christ aimant et souffrant. La promesse s'accomplit progressivement, lorsque l'homme vit dans cette perspective...Mais cela n'éclatera au grand jour que lors de la parousie - révélation finale d'un Dieu tout Amour...

L'auteur invite à regarder le massacre d'Israël par les paganos-chrétiens avec l'oeil du Christ sur la croix. C'est dans cette méditation du Christ sur le monde, du haut de cette Innocence que l'on peut s'ouvrir vers un chemin différent de compassion et de pardon. Le Christ sur la croix dévoile le péché, pour le pardonner.

Si l'on regarde les bourreaux avec un autre oeil que celui de Jésus, on devient bourreau. Cette conversion du coeur est au centre de la révélation et loin de ces païens qui se sont emparés du christianisme pour en faire leur religion mais en défigurant le sens premier. Ils ont pris notre Christ, ils en ont fait leur Dieu...

Voir nos tentations de puissance, permet de nous ouvrir sur une autre réalité ou juif et chrétien sont cohéritiers du royaume...

L'Eglise ne peut recevoir le Christ que si elle reconnaît Israël, ajoute-t-il. Il en sort une autre idée de l'Eglise, un terme qui désignait déjà l'Assemblée d'Israël au désert. L'Eglise n'est pas cette construction humaine, réduction païenne de la promesse de Dieu, elle est Cité de Dieu, à venir, quand nous ouvrirons notre coeur à la révélation.

L'acte de foi, c'est de recevoir sa vie de Dieu seul. Ce n'est pas comme le dit une interprétation païenne, une tendance à l'autodestruction mais au contraire une espérance. Chercher la vie en plénitude en la confiant à Dieu.

Jésus est l'Innocent. Il dévoile par son innocence la volonté homicide qui est dans le coeur de tout homme. Reconnaître l'oeuvre messianique du Christ, de sa passion et sa résurrection, c'est découvrir l'ampleur de la grâce qui nous est donnée et où nous sommes plongés dans l'Eucharistie.

La miséricorde de Dieu n'est donnée que dans la méditation de la passion ..., ajoute-t-il. A travers la croix les païens reçoivent la grâce d'entrer dans l'Election d'Israël et le baptême devient rite de substitution à la circoncision. Reconnaître l'élection du juif, c'est reconnaître l'élection du Christ, c'est reconnaître sa propre élection... Tout un programme...

A lire absolument.

Jean Marie Lustiger, La Promesse Essais de l'Ecole Cathédrale, Edition Parole et Silence
2002 ISBN 2-84573-149-3

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