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Lecture... :Pédagogie du Christ

Un livre de BERNARD SESBOUE

Sesboué considère que le chemin d'une pédagogie passe par une redécouverte du Christ par le bas, c'est-à-dire en partant de son humanité, dans une humble accoutumance de l'homme à la rencontre de son Dieu.

Chapitre 1

Le premier chapitre s'attache à retrouver la cheminement des disciples de Jésus, avant tout éclairage de la résurrection. Il s'agit de comprendre comment les disciples ont pu percevoir le Christ dans son humanité. Cette analyse "prépascale" fait apparaître la surprenante prétention du Christ, qui sans affirmer une filiation divine, affiche une intimité et une autorité qui le place au dessus de tout prophète. Cette relation unique à Dieu marque une étonnante adéquation entre son message et ses actes, jusqu'à à la croix.

Cette transparence dans la parole et dans les actes, malgré et à travers l'utilisation de la parabole va conduire les disciples eux-mêmes à une évidence, à un acte d'affirmation intérieur : tu es le Christ. Jésus n'a pas donné la réponse, il s'est contenté de poser la question et il se contente d'authentifier cette révélation. Cette perception d'un Jésus plus grand que les prophètes, prophète absolu fait de la scène de Césarée (et pour vous qui suis-je ?) l'un des noyaux historiques de la révélation.

Chapitre 2

Un autre mouvement, en un sens plus proche, est à observer dans la perception même par l'église primitive du phénomène. La lumière apportée par la mort et la résurrection du Christ a conduit les disciples à une relecture post-pascale de la vie du Christ mais cette relecture ne s'est faite qu'à partir d'une première phase d'exaltation (pentecôte) où le Christ, à la lumière de sa résurrection a été "assis à la droite du Père". La méditation faite d'aller et de retour, de montée et de descente a conduit progressivement, dans la foi, les disciples à s'interroger en arrière sur l'origine d'un Christ apocalyptique et parousie. De ce mouvement traduit, notamment dans les évangiles de Marc, Matthieu et Luc puis de Jean, l'interrogation sur l'origine du Christ qui s'est faite plus vive, aboutissant à la pré-existence d'un fils, d'un Verbe incarné. L'hymne aux Philippiens synthétise l'ensemble de cet aller-retour. L'Eglise a continué dans cette lecture, cette boucle, jusqu'au moment où le questionnement théologique a conduit au décrochage vers un dogmatisme exacerbé. La christologie moderne retrouve cet aller et retour.

Chapitre 3

L'histoire des interprétations est marquée par une l'alternance entre le Christ tel que perçu par la foi, construction (geschichte) d'une tradition et un Jésus réel perçu par une histoire scientifique (Historie). au sein de cette alternance on perçoit également la tendance temporelle de projeter le personnage de Jésus dans un contexte ou une pensée, un idéal contemporain. La solution pour Sesboué n'est pas dans l'une ou l'autre des tendances mais dans une solidarité entre les deux. Il faut, dit-il retourner à la vision de Chalcédoine d'un seul et même christ, vrai homme et vrai Dieu et faisant l'unité entre les deux concepts.

Chapitre 4

Sesboué, dans le désir de mieux approcher la réalité trans-historique de la résurrection se fait l'apôtre d'une vision plus large du corps. Rejetant la notion duale de corps et d'esprit il part de la notion de corps communiquant, corps parlant vers la vision de corps glorieux du Christ ressuscité. En ce sens la chair n'est pas périssable mais participation au plan de Dieu. Le corps du Christ est signe efficace et l'incarnation du verbe est au coeur du plan de Dieu. admettre la résurrection est acte de foi et de liberté mais s'inscrit dans la mouvance de vingt siècles de vie chrétienne et en ce sens est historique.

Le corps spirituel est continuité de l'incarnation et en même temps discontinuité d'avec le corruptible (cf 1 Co 15). La résurrection est pour nous signe efficace, eschatologique, d'une conversion entière de notre corps.

Elle transcende le travail initié par Dieu chez Adam et s'inscrit, à la différence des idées de réincarnation, dans une vision ordonnée de la création.

Je retrouve là ce que Jean Paul II appelle la totalité unifiée d'un corps réconcilié, d'une totalité charnelle et spirituelle dont le Christ préfigure le chemin. En ce sens, toute une recherche apologétique sur le désir et le corps s'inscrit parfaitement dans celle de B. Sesboué. Cependant, l'aspect dogmatique me semble prévaloir dans celle de Sesboué, ne serait-ce parce que toute supposition sur le corps glorieux n'est plus de l'ordre du réel mais de la foi et de l'adhérence à des affirmations de l'Eglise post-pascale.

Chapitre 5

Dans un contexte très contreversé, concernant l'aptitude du Christ a posséder une vision béatifique et une science infuse, Sesboué reprend l'apport de la notion d'un Jésus pré-pascal pour insister sur deux aspects majeurs : 1) La qualité de la foi du Christ, c'est à dire de sa confiance en Dieu qui traduit la perfection dans la relation du Fils au Père. 2) la conscience de cette relation qui dans la dimension kénotique de Jésus lui donne une confiance humaine parallèle à la conscience de soi. L'ipséité du Christ est à penser dans l'axe d'une christologie "d'en bas" en articulation avec celle "d'en haut", c'est-à-dire comme vocation ou la prescience de l'avenir reste limitée, sans remettre en cause sa divinité de Fils de Dieu.

Je retrouve avec une certaine accuité l'insistance déjà trouvée chez Ricoeur dans la mise en avant de la qualité pharisienne de la relation. Tout repose à mon sens sur la qualité de l'écoute et de la relation du Christ qui fait du Christ un être parfait dans sa relation au Père. La kénose spirituelle du Christ prend à mon avis tout son sens dans ce passage.

Chapitre 6

Les miracles sont à l'heure actuelle ignorés voire rejetés car trop peu scientifiques dans notre culture actuelle. Mais s'ils restent de l'ordre de l'inexplicable, ils appellent surtout un saut qualitatif (cf p. 183). Le passage d'un ordre à un autre. Dans la recherche des miracles du Christ, ce qui est en jeu n'est pas de l'ordre des prodiges mais du signe (semia) c'est-à-dire d'une orientation parfois eschatologique et en tout cas pédagogique du Christ. Le principal saut qualitatif demandé est de l'ordre de la foi. Croyance du miraculé et du témoin, foi encore de notre part, qui à la relecture des miracles du Christ sont appelés à refaire cet abandon du scientifique pour passer dans l'ordre de Dieu.

Ce chapitre m'éclaire plus sur le saut qualitatif abordé par Sesboué dans le chapitre 4. Ce qui m'avait apparu à l'époque comme une affirmation dogmatique me semble plus faire appel à un acte de foi et de liberté, même si les miracles sont d'un niveau moindre que la résurrection dans l'échelle de la foi. (cf p. 196).

Chapitre 7

La conception virginale du Christ s'inscrit également dans un contexte difficile et contesté. Sesboué adopte là une position peu dogmatique qui place la conception virginale dans la même lignée que le récit du tombeau vide. Il présente les deux récits comme les deux limites du récit réel et de l'histoire surnaturelle, deux portes ouvertes à l'inconnu divin où la foi est invité à adhérer dans la lignée d'une longue tradition chrétienne, non comme des impératifs dogmatiques mais comme des ouvertures secondaires au mystère de Dieu, tels que présentés "intérieurement" (dans le cas de la conception virginale) par des évangélistes soucieux d'étendre le récit de l'avant et de l'après.

En conclusion, la lecture de Sesboué, conforte l'importance d'un aller retour permanent entre toute tentative de connaissance et de position d'ordre dogmatique et le souci d'ancrer cette réflexion dans une relation permanente et attentive avec Dieu. Cette attitude confère en fait une primauté à l'attention et à l'écoute de la Parole de Dieu. Cette primauté de l'écoutant sur le connaissant me semble renforcer ma position sur le cogito d'un connaissant qui aurait la prétention de savoir sans s'assurer d'une primauté de la relation et de l'Esprit.

* La relecture du chapitre 5 sur le thème lancé par Fr Dreyfus "Jésus savait-il qu'il était Dieu ?" (cerf, Paris 1984), me fait prendre conscience de cette connaissance "fontale" non objectivée, qui est donnée en même temps l'union hypostatique et comme son constituant. (Rahner cf p. 165) (...) connaissance antérieure de cette relation et de l'identité divine, pôle subjectif de la conscience de Jésus. La relecture de ce passage évoque pour moi la longue recherche de P. Ricoeur sur l'ipséité dans Soi même comme un autre et en particulier la découverte d'une conscience intérieure fondamentale et irréductible qui constitue pour moi le point de raccord entre les travaux de Ricoeur et de Lévinas. Que l'ipséité christique se retrouve dans cet axe est pour moi révélateur et en même temps confirmation d'une démarche intérieure du "vrai cogito" qui se trouve posé dans l'être avant d'être...

Résumé de : PEDAGOGIE DU CHRIST Cerf, Paris 1994 édition 1996

Du même auteur :

I - Jésus Christ, L'unique médiateur...

Tome 1, Essai sur la rédemption du Christ, Desclée, Fév. 94

Tome 2, Les récits du salut

II - CROIRE, Initiation à la Foi Catholique pour les femmes et les hommes du XXIème siècle, Dorguet et Ardant, Paris 1999

(voir à ce sujet, le chapitre "Chemins de foi" dont les principaux développement tracent des pistes créusées à la suite de cette lecture... )

 

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