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c) la joie de l'espérance
La vie fraternelle est un combat, combat contre les forces
de division, de désintégration, de mort, ces forces
étant l'oeuvre du péché. Un combat se joue
en chacun de nous entre les forces de Satan et celles de l'Esprit
; et notre voeu de stabilité dans le monastère
en augmente l'acuité : il nous apprend, au coeur du combat,
la fidélité dans la durée, dont le fruit
premier est la patience.
C'est le combat du désert. Ces forces nous dépassent
et si « ce combat n'est pas le tien » (2 Chroniques
20,15), il se déroule néanmoins en nous, dans
notre corps et dans notre esprit, et le plus souvent à
notre insu. Seul l'acte de foi a raison de ces affrontements
subtils ou ouverts. Car nous avons chacun en nous la capacité
de diviser et la capacité de pardonner : et c'est pourquoi
saint Benoît nous recommande, avec beaucoup de sagesse,
de « rentrer en paix avant la coucher du soleil ».
Rentrer en paix fait sourdre la joie de l'espérance.
La vie de l'Esprit nous pousse à pardonner, à
manifester à notre frère la gratuité de
l'amour, la croissance dans l'amour. Pardonner c'est atteindre
la vie de l'Esprit en l'autre ; être pardonné,
c'est exister de nouveau pour l'autre. Le désir de pardon
signe la présence de l'Esprit : il libère, il
purifie, il nourrit l'espérance, l'espérance de
la victoire sur le péché.
Et notre plus grande joie est de nous savoir sauvés
par le Christ ; notre plus grande espérance est bien
celle de le rencontrer lui-même, dès cette vie
dans le coeur de ceux qui nous sont chers, et par-delà
la mort, dans le coeur du Père.
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